Les trous 1996-2001

Dans la fabrication d’objet artistique, certains projets n’aboutissent pas pour toutes sortes de raisons. Il m’arrive de retravailler sur un projet laissé en suspens depuis plusieurs années. Ce qui m’intéresse alors, c’est d’éprouver l’expérience du « processus créatif » et de laisser s’écouler le plus de temps possible entre les premiers documents d’un projet qui véhicule une idée précise et l’introduction d’une expérience nouvelle. Le travail des trous présente un fragment d’un projet qui sera toujours en cours.
La première trace des trous est la maquette assez sommaire d’une chambre, une architecture imaginaire. Cette chambre devait être réalisée en grandeur réelle dans le cadre d’une exposition. On remarquait dans la maquette des tuyaux en plastique entre les murs intérieurs et les murs extérieurs, ces tuyaux étaient reliés à une pompe. Ce dispositif devait permettre l’écoulement d’un liquide le long des murs, qui se répandait sur le sol.
 
Les « trous » sont une image graphique des véritables trous percés dans les murs de la chambre. Les « trous » sont des trompe-l’œil qui ne trompent personnes puisqu’ils sont une représentation universelle du dessin d’un trou. Les « trous » sont les éléments les plus facilement identifiables du projet de départ. À l’échelle de la maquette, ils indiquent qu’il pourrait se passer quelque chose, ils ont une fonction technique, descriptive. À l’échelle du réel, ce sont des objets, les « trous » sont les éléments inquiétants du dispositif, c’est d’eux que sort le liquide. Enfin à l’échelle du fragment, les « trous » sont des stickers qui suggèrent des murs gigantesques, improbables. Ils sont alors des motifs qui ne servent qu’à restaurer une sensation et placent le spectateur dans un espace alternatif au musée qui est son espace domestique.
Cyrille Martin, 2001
 
 
15/08/01 11:12
 
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