Ma passion pour les volcans remonte à une excursion qui me fit découvrir le Vésuve en 1935. Il était alors tres actif et je croyais à l’imminence d’une catastrophe. La visite de Pompéi et de son musée ne pouvait que me conforter dans cet espoir. Hélas l’éruption de 1944 ne fut pas ce que j’avais espéré.
Plus tard, beaucoup plus tard, les manifestations volcaniques devinrent pour moi une métaphore des états de la passion et le cône, d’où le magma explosait ou coulait en inexorables rivières brûlantes, une image des menstrues de la terre. 180 degrés de rotation et le sexe de la déesse était sous mes yeux ! Les sucs des fruits les plus savoureux pouvaient alors couler, je n’avais qu’à m’agenouiller pour les lécher avec délice. Les fraises, les framboises et d’autres Rubus devinrent, dès ce temps mes médiums et mes couleurs. Je renouais avec la peinture !
De l’éruption aux divins écoulements, il n’y avait que la seconde d’un retournement. C’est ce jeu qui vous est proposé. Vous pouvez choisir entre le cône intense et le triangle de toutes les perditions, ou ne pas choisir en pratiquant l’alternance de l’un et de l’autre.

 
Paul Armand Gette, Paris, Avril 2001
 
 
14/08/01 21:36
 
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